Château de Blocqueville

blocqueville

 

Cette appellation daterait de 1195, puisque l’ancien château avait été donné à un normand du nom de Bloque. Ce château faisait partie du renforcement de la fortification du Duché de Normandie (Richard Cœur de lion). Un Ernault de Corlibof possédait un fief à Abbeville au XIème siècle. Au XVIIème siècle, le fief de Blocqueville était en les mains de Jacques de Colboeuf, Sieur de Blocqueville.

Adélaïde, fille du Maréchal Davout (1770-1823) fidèle lieutenant de l’empereur épousa Edmond de Coulibœuf de Blocqueville de 26 ans son ainé. Après son divorce, elle se retira à Paris et conserva le titre de Marquise de Blocqueville. Par legs testamentaire, elle consacra une somme de 300 000 francs à la construction d’un phare : le phare d’Eckmühl en mémoire de son père qui fut fait prince d’Eckmühl par l’empereur Napoléon 1er en récompense de la victoire remportée par lui sur les Autrichiens en 1809.

Devenu Marquis de Blocqueville en 1854, Edmond de Coulibœuf fit carrière dans l’armée. Il rajouta le dernier étage en briques afin d’y mettre son blason de dimension conséquente (la hauteur d’une fenêtre), juste sous l’horloge. Il fut ensuite dans l’obligation de vendre le château pour faire face aux frais engendrés par les travaux et le procès qu’il avait intenté pour s’opposer au tracé de la ligne de chemin de fer et à l’implantation de la gare. Il fait carrière politique comme Maire de Coulibœuf puis de Morteaux-Coulibœuf puis comme Conseiller Général du canton. Il mourut en 1861.

M. Lagrange de Langre, chevalier de la légion d’honneur et préfet des Alpes maritimes devint ensuite propriétaire. Au début de la 2ème guerre mondiale c’est M. de Laferanderie qui était alors propriétaire, mais il ne supporta pas de savoir son château occupé et pillé par les allemands (vins tableaux, etc.). Il le vendit alors à M. James dans les années 1942, père de François Alexandre James auteur du livre « nos plus longs mois J+76 » qui se déroule pendant l’occupation.

Après-guerre c’est M. Legrand des usines Legrand (à la gare) qui devient à son tour propriétaire du château. Mais il touche les dommages de guerre et n’en utilise qu’une partie pour mettre le château hors d’eau et investit le reste dans son entreprise à la gare. Pendant 2 ans les arbres du parc (plus de 150 variétés : séquoias, cèdres, thuyas du canada, etc…) ont été abattus mais finalement invendables car remplis d’éclats d’obus.

C’est en mai 1964 que les propriétaires actuels, La famille Guilmin acquièrent la propriété dans un état avancé de délabrement, le château menaçait de s’écrouler, les terres étaient en friches. Le château fut alors rasé et les pierres utilisées par les Ets Ronco Nique sur différents chantiers des environs.

Le château tel que l’on peut le voir sur les photos a été construit en 1858 sur l’emplacement d’un ancien château féodal, le portail date de cette époque là.

La chapelle bâtie et fondée en janvier 1615 fut rebâtie sur le même terrain en 1837 ; elle est dédiée à St Jacques et Ste Marguerite.

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